Pour faire baisser la fièvre, certains préfèrent casser le thermomètre au lieu de s'attaquer au mal. C’est ce que risque de faire le gouvernement Jebali en se passant des services de l’actuel gouverneur de la Banque centrale Mustapha Kamel Nabli, puisque c’est de lui qu’il s’agit; l'homme cauchemardesque. Son tort selon ce gouvernement "PROVISOIRE" que la BCT, temple de l’orthodoxie financière dans le pays, préfère, sous sa conduite, tenir un langage de vérité, de sincérité et de crédibilité loin de la xyloglossie, en soulignant dans ses rapports de conjoncture périodique les difficultés financières que fait face l'économie tunisienne, alors que le gouvernement continue, lui, de vendre aux Tunisiens de vaines promesses de gros investissements extérieurs créateurs de richesses et d’emplois.
M. Nabli et son staff, des technocrates habitués à la rigueur des chiffres, préfèrent regarder la réalité économique en face et rappeler les décideurs à leur responsabilité. C’est là leur mission et ils s’en acquittent jusque-là avec honnêteté. Ce qui semble déplaire à certains membres du gouvernement qui voudraient voir M. nabli partir pour le remplacer par un gouverneur plus docile comme s'était le cas avec le DG de l'INS.
Mustapha Kamel Nabli a démontré encore une fois qu'il est le plus crédible car il a appelé à maintes fois le gouvernement à redresser en urgence l'économie réelle, à promouvoir l'investissement et à donner un signal fort au marché pour faire revivre le site Tunisie. Helas, les membres du gouvernement comme les députés de l'ANC se penchent sur leurs affaires personelles et n'éprouvent aucun soucis quant à la réalité et les perspectives d'un pays au bord du gouffre.
La révolution semble avortée, non par ceux au pouvoir, mais par un peuple myope qui a cru le jour du 23 octobre, au père Noel. Que reste donc de cette belle Tunisie qu'on ne peut contempler sa beauté, un pays confisqué par les salafistes qui ne cessent d'étendre leurs tentacules et une économie en agonie qui manque de visibilité même à très court terme: résultat: note dégradée à un niveau où tout le monde va nous fouir...
La Banque Centrale, désormais indépendante gagne en crédibilité et ne peut se soustraire de sa mission principale: assurer la stabilité des prix et appuyer, dans des limites, les actions du Gouvernement............
On apprend aujourd'hui, que même la Tunisie n'est pas présente à Cannes, une personnalité tunisienne fait la montée des marche en Tanzanie. Il s'agit de Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la BCT. C’est un grand honneur pour lui et pour la Tunisie. Il a remporté le trophé de l'African Banker award 2012 qui lui a été finalement décerné par le jury international dont la BAD.
Le communiqué précise que ce prix recomponse l'excellent travail accompli par M.K. Nabli dans les circonstances très difficiles qui sont celles de la Tunisie post-révolution. Il fallait préserver autant que faire se peut les grands équilibres financiers du pays et maintenir le système bancaire à flot, alors que les sources, internes et externes, se tarissaient. Ce n’était gagné d’avance. Mais il a réussi à préserver l’essentiel.
A.F
