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Mots & maux

Invitation à la réflexion sur des questions profondes


Psychologie d'une révolution: pourquoi le peuple tunisien s'est-il soulevé ?

Publié par Eco-Tunisie sur 18 Août 2011, 18:38pm

Catégories : #Mes écrits

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Le peuple tunisien s'est soulevé héroïquement fin décembre 2010 pour rompre avec sa passivité et racheter sa liberté et sa dignité. Un mouvement populaire sans précédant s’est engagé dans une révolution libertine sans soubassement idéologique, sans emiction des partis politiques et sans ingérence internationale.

 

La Tunisie a declenché le processus des révendications populaires dans beaucoup des pays arabes avec pratiquement un seul mot d’ordre: A bas le dictateur.

 

Mais, comment se fait–il que le peuple accepte de passer d’un environnement paisible à une situation où la peur, l’angoisse, l’incertitude des masses face à l’avenir l’emportent sur tout le reste leur conduisant à se soulever, pacifiquement, contre des tyrans sangunaires?

 

L’action collective, inattendue, de la foule est souvent le résultat d’un cumul d’un processus de refoulement par rapport aux tabouts idéologiques et autoritaires, mais aussi d’une vie quotidienne devenue économiquement plus difficile et surtout le développement de certaines convictions comme “il n y a de plus pire que ce qu’on est entrain de vivre” ou “un peuple opprimé mérite où bien une vie décente où bien la mort”. En fait, la manifestation d’une telle attitude, quand elle est dominée par l’oppression, déclenchent une cascade de réactions difficiles à contrôler.

 

Un ensemble d’interactions se met donc en place entre la population et l’État. Pendant ces interactions, la foule fait part de ses exigences (parfois fantasques) et l’État, en retour, se positionne.

 

Selon le degré de détermination des foules et la capacité de réaction de l’État, le résultat final pourra être une foule incontrôlable qui prend le pouvoir (émeute, révolution… et qui va essayer de se satisfaire elle-même en prenant son avenir en main. Ou bien, à l’autre extrême, une foule qui se fait mater par un pouvoir fort, lequel lui permet, de façon certes assez paradoxale, de réprimer son angoisse (instauration d’un pouvoir encore plus fort, la super-dictature…).

 

L’État autoritaire rassure en donnant l’illusion qu’il maîtrise la situation et qu’il peut ordonner la vie de la société de façon satisfaisante et motivante. Encore une fois, si la foule méprise un pouvoir faible ou une autorité qui ne parvient pas à lui parler, elle se courbe volontiers devant un pouvoir fort et autoritaire adoptant ainsi un comportement servile. Entre ces deux extrêmes qui voient la victoire de l’un des deux protagonistes, des solutions intermédiaires sont évidemment possibles: l’État peut par exemple courtiser l’opposition ou les leaders populaires en adoptant certaines mesures démagogiques afin de le flatter et de calmer sa colère montante.

  

Mais ce faisant, il risque de se faire déborder par la masse. Il essaiera ainsi de rechercher de boucs émissaires et d’alterner des mesures populaires et impopulaires de façon à conserver la maîtrise du pouvoir. On retient l’exemple du comportement des dictateurs arabes face aux revendications populaires.

 

Les individus d’une foule semblent bénéficier par ailleurs d’un sentiment d’impunité et d’irresponsabilité par rapport à leurs actes, d’où les débordements des foules. L’individu peut ainsi sacrifier son intérêt personnel au profit du groupe. Un individu totalement pacifique peut perdre son jugement, se laisser emporter par la furia de la foule et commettre des exactions dont il serait incapable seul. Une foule refuse tout dialogue. Elle peut facilement se soulèver contre une autorité faible, mais difficilement voire exceptionellement si l’autorité est forte.

 

Après le limogeage du dictateur et dans un climat de transition et de doute, la foule se comporte d’une manière infantile: elle a besoin d’être rassurée et d’avoir le sentiment d’être écoutée. Elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour, d’une manière ou d’une autre, retrouver la tranquillité. Mais tant qu’elle ne l’a pas obtenue, elle reste en lutte pour être satisfaite. L’État devient de fait le principal interlocuteur des foules car c’est lui qui détient le plus de pouvoirs et qui a pour fonction régalienne le maintien de l’ordre.

 

 HASTA LA VICTORIA, SIEMPRE !


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tunisien libre 19/08/2011 08:17


si on a pu comprendre le comportement psychique qui a conduit à telle révolte comment peut on expliquer l'attitude nonchalante du tunisien après le limogeage de ben ali sachant qu'il est conscient
que sa révolution est tronquée...merci pour la réponse


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