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Mots & maux

Invitation à la réflexion sur des questions profondes


La triptyque New deal, Perestroïka et thérapie de choc : quelle politique pour rétablir l’ordre économique

Publié par Eco-Tunisie sur 13 Novembre 2011, 11:34am

Catégories : #Mes écrits

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La crise de la dette américaine ainsi que les rétombés du plan de sauvetage de la Grèce outre les politiques d’austérité que les PIIGS se sont forcés d’entreprendre risquent d'entrainer l’économie mondiale dans une récession sans précédent qui sappent le plan de relance mondial entrepris suite à l'avènement de la crise des subprimes.


L'économie et la finance internationale sera, plus que jamais, touchée car, non seulement, n'a pas encore guéri du syndrôme du credit crunch issu da la crise financière internationale de 2007, la majorité des pays ont épuisé le droit de recours aux mesures exceptionnelles de redressement (de stress) même le retour à l'Etat providance.


 Face à une crise: une situation qui semble poser des problèmes et quasi insurmontables, ou tout au moins très difficiles" le sentiment le plus immédiat est celui du malaise, et bien vite du vertige pour ne pas dire le chaos.


La crise produit généralement un changement des équilibres économiques. Il en résulte un déplacement des rapports de force. Ainsi, les Américains réagissent en fonction de leurs intérêts nationaux. Leurs politiciens, qu’ils soient démocrates ou républicains, ne cessent de vanter les mérites du libre marché, or en pratique, les USA ont été les premiers à engager la plus grande nationalisation de l’histoire. L’Europe, quant à elle, réagit en urgence pour assurer la périnnité de sa zone monétaire optimale en sacrifiant même les principes directeurs sur lesquel l’Euro a été fondé.


Vécue hier comme un incident de parcours, la crise symbolise désormais une vraie rupture de sens: une rupture de cohérence entre ce qui est révélé et ce que croit ou attend l’opinion publique. La théorie ne servira pas trop car les intellectuels commencent à avouer, pour une fois, leur incapacité à bien connaitre certains terrains, l’ambivalence fonctionnelle des marchés, les mécanismes de contagion sont mconnus ou fortement marqués par l'aléatoire…


 D’ailleurs, la récente crise des subprimes nous a révelé combien nous etions myopes face à une vérité qui nous a trompé depuis un demi siécle c’est l’invalidation de la courbe gaussienne (la loi normale) qui a servi de base pour toute modélisation du risque. Nicolas Taleb a développé justement sa théorie du « Cygne noir » qui est l’événement hautement improbable mais ayant un impact énorme (positif ou négatif). Taleb montre que le fait de se fier à la loi normale nous rend aveugles aux événements dévastateurs.. d’où une nouvelle appréhension des marchés à travers le cognitif et le comportemental.


Comme pour le traitement d'une crise, il faut savoir prendre distance, poser les bonnes questions avant de passer à l'action et continuer d'ailleurs à cultiver cette distance critique tout au long du processus décisionnel.


Le pilotage des crises doit partir d’une évidence théorique, c’est le fait de considérér les événements comme une mer inexplorée hérissée d'écueils, marquée par d'innombrables contingences, du hasard et l'incertitude sur les données, la friction qui rend difficile tout ce qui paraît facile…et surtout d’atténuer en nous ce que Taleb appelle l’«arrogance épistémique» ou le manque de conscience des limites de nos connaissances.


Toute oeuvre de gestion pragmatique d’une crise cherche à rétablir un minimum de cohérence dans un contexte économique si chaotique. Alors si le diagnostic est aussi clair, un traitement thérapeutique s'impose.


Pour les tenants de la thèse de “new deal”, la seule manière de la sauver l’économie est de lui administrer un plan de relance keynesien, d’autres pronent le retour au socialisme de marché pourrait rétablir l'ordre en rétablissant le capital confiance entre l’Etat et la population “la Perestroika”,. En revanche les fervants défenseurs de la politique néolibérale la solution passe inévitablement par une "thérapie de choc".


Le new deal keynesien

 

Le new deal a été formulé par des jeunes technocrates appelée "Brain Trust", adopté pour la première fois aux Etats unis par Franklin Roosvelt pour remedier aux rétombés de la grande dépression des années 30. Il suffisait d’engager une politique interventionniste de l’Etat pour redynamiser une économie américaine affaiblie par le krach de 1929, par le chomage et les faillites en chaîne. Toutefois, l’Etat providence fondée sur l'utilisation du budget, conduisaient à terme à la fois à l'inflation, à la stagnation économique et au chomâge.


Le new deal suppose qu’un dysfonctionnement de marché ne peut être solutionner que par l’interventionnisme de l’Etat seule capable de rationnaliser et stabiliser le comportement erratique des acteurs. Sans pour autant arrivé à résoudre la crise le “new deal” ou “la nouvelle donne” a jeté les bases d’un interventionnisme etatique durable et prolongée.


Le socialisme de marché

 

Selon Gorbatchev, la réforme (perestroïka) est l’instauration d’un socialisme de marché fondé sur un programme multi-dimensionnel qui vise l’émergence d’une économie saine, dynamique et régénérée. Il repose sur une adhèsion de la population à ce projet sructurant et surtout sur l’esprit critique et la transparence (glasnost). Cette politique ouvre la voie à la liberté d’expression et à la gouvernance sociale en valorisant les travailleurs.


Sur le plan économique, le système de planification centrale est maintenu, mais simplifié. Des grandes incitations ont été accordées aux entrprises pour innover, diminuer leur coûts et rendre la main-d’œuvre plus productive. La planification a toutefois, aboutit à terme, à un chômage et une inflation galopante.


Face à des situations de stress, il faudra d’autres remèdes plus efficace et moins conventionnels. C’est là que Milton friedman intervient comme un medecin au chevet d’un pays qui souffre d’une épedemie. Il supposait que seule un choc de grande ampleur réel ou supposé produit un vrai changement capable de redresser l’économie. Un choc se manifeste pr des évènnements qui s’enchaînent rapidement sans qu’on puisse les analyser.


La thérapie de choc

 

Le postulat de base se fonde sur l’adoption d’une politique radicale et contradictoire en jouant sur l’effet de surprise; radicale par le fait que si l’Etat cesse de reguler le marché l’economie se corrigerait d’elle même et contradictoire parce qu’elle entend prescrire une politique qui s’oppose à celle pratiquée déjà (privatisation pour une économie nationlisée).


La soumission d’un pays à un choc même si elle est efficace à moyen terme (en permettant l’auto-discipline économique) est très douloureuse à court terme car le désengagement de l’Etat de la sphère économique de façon à laisser librement fonctionner les mécanismes du marché ne peut qu’entrainer in fine un capitalisme sauvage n’obéissant à aucune règle du jeux.


En 2007, la journaliste canadienne Naomi Klein publiait La Stratégie du choc.

Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc. Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger.


S’il est une personne à avoir compris très tôt ce phénomène, c’est Milton Friedman, Prix Nobel d’économie en 1976. Friedman, soutenant l’ultralibéralisme, conseilla aux hommes politiques d’imposer immédiatement après une crise des réformes économiques douloureuses avant que les gens n’aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de traitement de choc. Naomi Klein la qualifie de “stratégie du choc”.


 

En utilisant de nombreuses images d’archives, Michael Winterbottom et Mat Whitecross démontrent dans ce documentaire la puissance du texte de Naomi Klein et la nécessité de résister.

 

Le rôle de la banque centrale en situation de crise


Les banques centrales ont naturellement un rôle décisif à jouer pour que la crise ne se transforme pas en dépression. Il suffit de se rappeler les erreurs commises par la Fed dans les années 1930 pour bien comprendre que les banques centrales peuvent effectivement aggraver les choses. À l’époque, alors qu’un mouvement spéculatif faisait rage, la première décision de la Fed avait justement été de remonter les taux et, dans le même temps, de réduire l’offre de monnaie en circulation afin de tuer la spéculation.


 L’objectif avait été atteint mais, comme on le sait, le reste de l’économie aussi avait été tué, entraînant la pire des dépressions jamais connue (baisse du PIB nominal de plus de 50 %).


Suite à la crise des subprimes, la FED a été particulièrement réactive en baissant rapidement les taux d’intérêt puis en injectant sans compter des liquidités. A priori, sa première et seule (et potentiellement grave) erreur a été d’accepter la faillite de Lehman Brothers. Cela nous incite donc à la vigilance : il ne refera pas les mêmes erreurs, mais il pourrait bien en faire d’autres…


Il est communément admis que l’action la plus visible des banques centrales a été de se diriger vers le ZIRP (zero interest rate policy, c’est-à-dire une politique monétaire de taux à zéro). La Fed et la Banque centrale du Japon y sont déjà, la Bank of England s’y dirige tout droit (elle a déjà baissé ses taux sous le seuil historique des 2 %, jamais enfoncé depuis sa création). La Banque centrale européenne se refuse à de tels excès mais a déjà ramené ses taux d’intervention à 1 %.


La politique des taux courts est l’arme laplus souple pour espérer impacter les taux longs qui, seuls, peuvent influencer l’activité économique. Une baisse des taux courts s’accompagne généralement d’une baisse des taux longs, à condition que le marché anticipe également la poursuite d’une politique accommodante de la banque centrale. Mais quand les taux courts sont à zéro, ne pouvant devenir négatifs, ils ne peuvent que monter. Du coup, la politique monétaire tombe dans ce qu’on appelle la « trappe à liquidité », c’est-à-dire que l’arme des taux d’intérêt devient totalement inefficace.


La politique quantitative de la monnaie devient alors décisive.Elle consiste à jouer sur la masse monétaire mise en circulation. En augmentant cette dernière, la banque centrale libère mécaniquement des liquidités qui se retrouvent soit sur les marchés financiers, soit directement dans les banques, mais qui de toute façon facilitent le fonctionnement de l’économie. En effet, quand la banque centrale augmente sa masse monétaire, cela signifie qu’elle accepte de la part des établissements financiers davantage d’instruments financiers en dépôt en échange de liquidités monétaires (cash ou assimilé) qui sont ensuite utilisées par les banques pour faire des crédits aux entreprises ou aux ménages. Plus la masse monétaire est importante, plus le crédit à l’économie est facilité.


En situation de crise caractérisée par un credit crunch, les banques centrales sont obligées d’assurer la liquidité du marché monétaire par défaut (c’est-à-dire pour compenser l’absence d’échanges interbancaires). Elles acceptent même un certain nombre d’actifs qu’elle refusait jusqu’alors pour débloquer la situation. De ce fait, elle jouent leurs rôles de prêteur en dernier ressort pour sauver le marché monétaire de l’asphyxie et assurer ainsi la stabilité du système.


Toutefois, les choses ne sont pas aussi évident, car en situation d'incertitude et de perte de confiance, la stratégie de la banque centrale s'avère particulièrement délicate, dans la mesure où la manipulation du taux d'intérêt peut n'avoir qu'un faible impact sur les marchés boursiers, immobiliers, etc., soumis à des phases d'euphorie puis de capitulation et à une exubérance irrationnelle selon Shiller » (le fait d'établir un repère pour prévoir une situation future, comme en voyant la Bourse remonter, on doit se dire que la crise va finir). Les pouvoirs publics ont donc le devoir de stabiliser les anticipations des agents sur le long terme et de fournir des signaux clairs pour orienter leurs décisions.


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(1) C’est le fait d’attribuer nos réussites à nos compétences et nos échecs aux événements extérieurs que nous ne contrôlons pas, c’est-à-dire au hasard.

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