Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mots & maux

Invitation à la réflexion sur des questions profondes


L'aptitude de la diversification de l'économie dans l'atténuation des chocs conjoncturels

Publié par comite-economique-citoyen sur 24 Juillet 2011, 10:08am

Catégories : #Mes écrits

 

Part (2) 


Toutes les économies du monde sont sujettes aux chocs conjoncturels qui sont, sauf le cas de fluctuation cyclique, de nature exogène et stochastique. La survenance d'un choc exerce un effet perturbateur sur le secteur d'activité vulnérable au retournement de la conjoncture.

Si l'atténuation des chocs s'inscrit comme objectif, alors il importe d'apprécier la contribution de la diversification de l'économie à contrebalancer les effets d'un choc. Le cas tunisien nous servira comme cadre analytique. Enfin, nous estimons utile de concevoir les axes stratégiques d'une politique macro-économique qui permettent de renforcer l'effort d'atténuation voire même " d'immuniser " les fondamentaux de l'économie contre les chocs perturbateurs.

1.identification des chocs conjoncturels :

Dès lors qu'on raisonne dans une économie ouverte sur l'extérieur, la politique économique est confrontée à deux objectifs: d'une part le plein emploi sans inflation et d'autre part assurer une croissance économique soutenue tout en préservant l'équilibre externe. En plus de la difficulté pratique de concilier ces objectifs notamment pour les pays en développement, ces économies sont, désormais sujettes à des perturbations exogènes qui altèrent leurs cycles de croissance économique. En focalisant sur l'évolution des différents secteurs d'activités dans le temps, on remarque des phases d'expansion, ou de fléchissement qui s'expliquent par des causes précises dont le renouvellement n'est pas systématique. Dans ces conditions, il serait difficile de prévoir la tendance de croissance voire même le déroulement probable d'un cycle économique du fait qu'il est biaisé par des facteurs imprévisibles.

 

Les chocs conjoncturels sont des facteurs exogènes et accidentels sur lesquels un pays n'a pas effectivement aucune prise. Les chocs conjoncturels se manifestent pour une courte durée mais dont les répercussions s'étalent même sur le moyen terme, leurs intensités dépendent de l'amplitude des fluctuations et de la robustesse du tissu économique national.

 

L'effet perturbateur des chocs se répercute sur l'économie en agissant sur la croissance économique. En d'autres termes, tout se passe comme si un pays ne parvenait plus à reproduire la recette qu'il maîtrisait si bien que les facteurs de production sont les mêmes mais les résultats sont nettement inférieurs.

A l'issu d'un choc conjoncturel le dysfonctionnement du système productif n'est pas général, il touche seulement les secteurs directement exposés et trop vulnérables aux facteurs exogènes.

Ces facteurs exogènes que l'on relève sont très nombreux mais, on se contentera dans le cadre de cette étude sur les chocs les plus répondus dans les pays en développement et que l'on peut classer en chocs internes et chocs externes.

1. Les  chocs  internes:

Le choc climatique:

C'est un facteur exogène qu'un pays n'a aucune prise. Généralement ce choc s'incarne à travers la sécheresse qui tient à un mauvais échelonnement des précipitations qui à leur niveau moyen. La sécheresse est synonyme d'accentuation du déséquilibre des échanges de produits agricoles, notamment de céréales. Ce choc serait plus intense que le pays ne dispose pas suffisamment de surfaces irriguées. Dans ces conditions ce choc climatique induit un déficit dans la balance courante et dont l'intensité est subordonnée à la part de l'agriculture dans les recettes d'exportation que du PIB.

Les  grèves:

Les grands mouvements sociaux, tels que les grèves, impriment à la production d'une certaine branche, des fléchissements importants. Ils arrivent même à paralyser la croissance de tout un secteur. L'ampleur de cet effet est tributaire de la durée et de la fréquence de ces mouvements ainsi que de l'importance de la dite branche dans l'économie.

 

Si les mouvements sociaux comme les grèves sont relativement maîtrisables, il n'en est pas de même pour le choc climatique qui demeure un facteur déstabilisant qui fausse toute la planification et la prévision de la croissance économique.

 

2. Les  chocs  externes:

 

Les chocs externes sont des facteurs d'instabilités qu'un pays subit de l'extérieur. On recense dans cette catégorie; le choc de change, le choc des termes d'échange, l'instabilité politique extérieure et la flambée des cours des produits de base

Le  choc  de  change:

Ce choc se produit quand la parité entre la monnaie nationale et une devise d'un pays partenaire s'écarte fortement d'un certain niveau moyen et d'une manière subite.

 

Une appréciation d'une devise entraîne deux effets: elle augmente la compétitivité prix des exportations nationales mais elle renchérit tous les paiements extérieurs libellés en cette devise. Pour expliquer l'effet change, l'on va se contenter du cas de dépréciation du dollar américain et son impact sectoriel sur un pays qui noue des relations commerciales avec la zone dollar (tous les pays dont les monnaies sont ancrées étroitement au dollar américain).

Lorsque le dollar se déprécie, la réaction de chaque secteur dépend de son degré d'exposition à la concurrence accrue de la "zone dollar".

Sur un marché donné, un secteur est d'autant plus exposé à la concurrence de la zone dollar que;

-         D’une part ce marché est un débouché important pour la production locale.

-         D'autre part, les producteurs de la zone dollar sont plus présents sur ce marché tiers.

 

Le  choc  des  termes  d'échange:

Le terme d'échange est le rapport entre le prix moyen des exportations et le prix moyen à l'importation. La dégradation des termes d'échange se répercute sur la balance courante en aggravant le déficit. L'écart entre les prix moyens à l'exportation et à l'importation tient à la nature des produits échangés, de l'effet change et de la décélération de la demande extérieure, bien évidemment celle des pays avec lesquels les échanges extérieurs sont plus étroits. Le choc des termes d'échange est conjoncturel si la variable explicative présente un effet de court terme comme l'effet change par exemple.

 

La  flambée  des  cours  des  produits  de  base:

 

Les produits de base constituent, pour la majorité des pays en développement, une consommation incompressible. Les cours de ces produits sont déterminés normalement par le jeu de l'offre et la demande sur les marchés internationaux des matières premières.

Toutefois, les exportateurs s'organisent généralement en cartel afin de dominer les cours. Par ailleurs, tout consensus du cartel induit automatiquement une variation du cours qui peut générer un choc si la flambée du cours est significative.

L'instabilité  politique  extérieure:

 

Si la stabilité politique interne constitue l'un des piliers de la croissance économique, il est de même pour la stabilité externe, et partant, tout conflit d'ordre externe présente des répercussions sur les économies voisines ou sur celles qui entretiennent des relations commerciales avec les pays en question.

 

La rétrospective des événements passés permet d'éclairer la relation étroite entre l'effet guerre du Golfe et la décélération de la valeur ajoutée du secteur de tourisme en Tunisie, aussi l'effet du conflit Palistino-israelien et la flambée du cours du pétrole.

 

Les implications de ces chocs conjoncturels sur toutes les économies ne sont pas identiques. En effet, si elles diffèrent avec le degré de sensibilité de l'économie on pourrait dès lors, s'interroger sur les facteurs qui déterminent cette vulnérabilité ainsi que les canaux de transmission de ces chocs.

 

Le degré de vulnérabilité de l'économie.

L'interdépendance croissante des économies et l'interaction de la sphère réelle et de la sphère financière posent un problème épineux, celui de la rapidité de propagation des effets pervers des chocs conjoncturels entre les économies. Les effets de contagions qui en découlent, semblent dépasser largement le cadre des pays limitrophes pour s'exercer sur un ensemble géographique plus vaste.

La diffusion des chocs de part le monde est assez dispersée et ne fait qu'augmenter le degré de vulnérabilité d'une économie face aux perturbations exogènes. On comprend par ailleurs, que ce degré de vulnérabilité reflète le degré de sensibilité d'une économie et sa capacité d'amortir les effets pervers des chocs.

1. Les  déterminants  de  la  vulnérabilité:

Dans un environnement instable, il est primordial de mener une politique économique qui tient compte à la fois des aspirations du pays que des mutations de la conjoncture internationale. Toutefois, les erreurs de conception de telle politique persistent et ce, pour des considérations qui dépassent le cadre de cette étude, et partant, l'économie sera sujette aux aléas de l'environnement.

 

La vulnérabilité des économies en développement résulte des caractéristiques qui les différencient des autres pays et qu'on peut les synthétiser en quatre facteurs de risques.

 

Le  degré  de  spécialisation  des  exportations  ;

 

Beaucoup des pays en développement tirent une grande part de leurs recettes d'exportations d'un petit nombre de ressources naturelles ou de produits agricoles. Le tableau suivant illustre quelques cas;

 

 

Source: statistiques financières internationales 1997.

 

Les prix à l'exportation des PED sont particulièrement sensibles aux politiques macro-économiques adoptées par les pays avancés. Par ailleurs, tout choc sur la demande se répercute automatiquement sur les balances des paiements des pays en question.Diversification de l’économie et atténuation des chocs conjoncturels

Le  degré  d'exposition  sectorielle;

 

Les récents événements économiques ont été révélateurs de l'ultra- vulnérabilité des secteurs comme l'hydrocarbure, le tourisme et l'agriculture quant aux chocs conjoncturels.

 

Toutefois, bien qu'ils soient sensibles aux aléas de l'environnement, ils constituent désormais, des secteurs clés pour la majorité des économies en développement. Le poids substantiel de ces secteurs dans la valeur ajoutée globale est préoccupant, du moment que toute perturbation externe se répercute sur la croissance sectorielle.

 

La  concentration  commerciale:

 

On admet généralement les biens - fondés de l'exportation dans la croissance économique mais encore faut-il que la structure des exportations soit diversifiée aussi bien sur le plan géographique qu'en matière de monnaie de règlement. La concentration commerciale peut mettre en péril la pérennité d'une économie si un choc se produit dans le pays partenaire que sur la devise de règlement.

 

La  dépendance  excessive  aux  importations;

 

Un taux de dépendance (Importation / PIB) important est source de problème. En effet, toute variation du cours de la monnaie nationale vis à vis des devises étrangères a une incidence sur le prix des produits importés, ces derniers se répercutent à leur tour, avec un certain retard sur les prix internes. Le renchérissement des importations affecte la compétitivité des exportations du fait que les produits exportés sont issus d'une industrie de transformation. Par ailleurs, la balance commerciale va accuser un déficit, c'est pour cette raison que l'on affirme que les exportations des PED sont à faible valeur ajouté. En somme, si un choc se manifeste et affecte les importations, automatiquement les exportations en tirent les conséquences.

 

2. Les  canaux  de  transmission:

 

Les canaux de transmission retracent les implications économiques perverses lors de la survenance d'un choc, généralement, et sans entrer dans l'étude du cas par cas, on reconnaît les effets suivants:

-         La baisse des recettes d'exportation qui se répercute sur les soldes commercial et courant, accroissant le besoin de financement de pays concerné.

-         Les recettes budgétaires connaîtront un recul induit par la baisse des rentrées fiscales.

 

Au-delà de ces effets mécaniques, et en l'absence de mesures d'ajustement, la dégradation des soldes budgétaire et courant pourrait avoir des effets inflationnistes et générer une perte de confiance des opérateurs économiques (anticipation de dévaluation et retrait des capitaux…).

En outre, l'investissement sera paralysé et ce, pour les raisons suivantes;

 L'instabilité économique diminue le taux moyen d'investissement en raison des risques qu'elle crée sur la rentabilité future,

 La productivité de l'investissement va chuter du fait que l'instabilité trouble les signaux du marché rendant plus difficile une réallocation des ressources.

Si on admet toujours les effets néfastes des chocs conjoncturels sur l'économie, on reconnaît également que les facteurs exogènes constituent un test de résistance du tissu économique national. Dès lors si l'atténuation des effets des chocs s'inscrit comme objectif, qu'en est-il alors de l'instrument pour l'atteindre?

 

VI.Contributions de la diversification sctorielle a l' attenuation des chocs conjoncturels

 

En focalisant sur les politiques économiques adoptées par la Tunisie qui s'esquissent à travers les plans de développement, l'on constate une action volontariste du pays de consolider sa base sectorielle ainsi que la flexibilité de son dispositif productif. Cette vision à la fois cohérente et ambitieuse, soutient l'idée que plus élevé est le degré de diversification moindre est la vulnérabilité de l'économie face aux chocs exogènes. On pourrait se demander alors de la manière par laquelle la diversification de l'économie contribue à contrebalancer les effets de la décélération de l'activité d'un secteur touchée par une perturbation exogène.

Le comportement de l'économie tunisienne face aux chocs climatiques.

 

L'économie tunisienne s'est confrontée depuis les années 80 à des situations extrêmement difficiles. Elle s’est ressentie des effets de facteurs déprimants qui, bien qu'ils ne soient pas nouveaux, ont pris toute leur ampleur particulièrement dans les années 1986, 1988, 1994 et 1995.

7.jpg

Les chocs climatiques en Tunisie sont à la fois conjoncturels et récurrents. Ils affectent aussi bien le secteur d'agriculture que des secteurs et branches d'activités liés par l'effet d'entraînement. En focalisant sur le tableau de bord économique se rapportant aux années où la Tunisie connaît une instabilité conjoncturelle d'ordre climatique, on constate plusieurs enseignements;

 

Le choc climatique (sécheresse) affecte aux moins trois activités à savoir la compagne agricole, l'industrie agro-alimentaire et les disponibilités nationales en eau.

 

L'intensité d'un choc climatique sur la croissance globale dépend du poids du secteur agricole dans le PIB.

 

Le taux de croissance global est largement touché par la décélération de la production agricole au cours des années 80, mais il n'en est pas de même dans les années 90. En effet, une chute de 4,2% en terme constant de la croissance du secteur agricole en 1982 par exemple s'est répercutée par un repli du taux de croissance de la valeur ajoutée globale de l'ordre de 0,5% alors que pour la décennie 90, bien que la chute de la valeur ajoutée de l'agriculture soit très significative -5,1% en 1993 et -10% en 1994, les taux de croissance respectifs demeurent positifs, soient 2,2% et 3,2%. Cette caractéristique dénote l'effet de la diversification dans l'atténuation des chocs conjoncturels.

 

En effet, la diversification de l'économie provoque une sorte de compensation intersectorielle qui permet de contrebalancer la décélération de l'activité qui a subit le préjudice du fait d'un choc climatique.

 

Essayons de décortiquer cette relation d'une manière empirique; pour se faire nous allons choisir deux années où la chute de la valeur ajoutée agricole est relativement assez importante et ce, pour la décennie 80 que pour la décennie 90. Nous allons retenir les années 1986 et 1994 où les taux de croissance respectifs du secteur agricole est de -19,4% et -10%.

 

Comme nous l'avons signalé, en première partie de ce papier, la période qui précède l'ajustement structurel est caractérisée par une économie peu diversifiée, basée sur l'agriculture et les mines. La chute de la compagne agricole en 1986 n'a pas été compensée par l'affermissement de l'activité minière. Laquelle activité a généré une croissance de 23,8%, couplée à la faible progression du secteur des services 1,7%. La résultante de ces performances a dégagé une croissance du PIB de l'ordre de -2%.

 

Cependant, pour l'année 1994, l'économie tunisienne est entrée effectivement dans la phase de diversification. La décélération de l'activité agricole se trouve largement compensée par la croissance des industries manufacturières (+3,7% par rapport à leurs niveaux en 1993) et avec une contribution à la croissance de 46,6%. La ventilation des sources de croissance montre clairement la performance des industries chimiques 10,7%, le textile 11,7%, l'activité minière 9,3% et les services marchands 5,9% avec une contribution de 61,7% à la croissance globale.

 

D'un autre coté, la baisse des exportations des produits agricoles a été contrebalancée par les résultats probants enregistrés par les biens de consommation 51% et les matières premières 33% des exportations totales.

Le comportement de l'économie tunisienne face à l’effet guerre du Golfe

 

 

La guerre du Golfe qui s'est déclenchée en août 1990 constitue un choc conjoncturel extra-économique pour la Tunisie. Le champ de perturbation de ce choc sur les fondamentaux économiques était très vaste; perte des débouchés prometteux, flambée du cours de pétrole et la décélération de l'activité touristique.

 

S'agissant du tourisme, ce secteur a été gravement affecté à cause des effets psychologiques de la guerre sur la clientèle. L'on a enregistré une chute de 15,2% en termes réelles de la valeur ajoutée touristique en 1991, ce taux serait plus élevé si l'on déduit l'apport de la clientèle locale.

8.jpg

 Ce graphique montre que l’évolution du secteur touristique en Tunisie s’est écartée de sa tendance moyenne du moins selon une estimation basée sur la régression polynomiale. Si bien que, la croissance de secteur pour la période [1990-1991] revêt un caractère à la fois irrégulier et particulier.

 

Par ailleurs, la baisse de l'activité dans le secteur du tourisme a exercé un effet d'entraînement défavorable sur l'activité du transport (-0,6%). Ces résultats exceptionnels se sont certes, répercutés sur la valeur ajoutée globale mais ils auraient pu être plus pervers si l'économie n'était pas diversifiée.

 

En effet, on a assisté au phénomène de compensation intersectorielle, si bien que le secteur d'agriculture et pêche a dégagé une croissance de 13,9%, la croissance de l'industrie de 3,3% qui a été tirée par les industries manufacturières grâce aux performances des industries mécaniques et électriques et des industries chimiques.

 

Les industries non manufacturières ont affiché également un taux de croissance de 2,5% malgré la baisse des investissements dans ce secteur. Quant aux services, ils ont accusé un recul bien que les activités de commerce aient contribué à raison de 22,4% dans le taux de croissance globale en 1991 qui se situe à 3,9% en termes réels.

 

 

VII.Efficacite d' attenuation et mesures d’accompagnement

 

Dans un environnement international secoué par des chocs récurrents, toutes les économies se trouvent désormais sujettes aux différentes sources de vulnérabilité. La maîtrise de ces facteurs exogènes constitue un impératif pour tout pays qui œuvre à préserver ses fondamentaux économiques contre toute perturbation externe. Même si la diversification de l'économie contribue certes, à l'atténuation des chocs, serait-il judicieux d'accompagner l'effort substantiel de l'économie réelle par une politique macro-économique cohérente et avisée.

 

Les actions macro-économiques d'ensemble.

 

L'intégration croissante de la Tunisie à l'économie mondiale est à la fois une opportunité et une menace, mais afin d'appréhender au mieux l'arrivée à terme de l'accord multi-fibres de l'OMC en 2005 et le démantèlement total des barrières tarifaires sur les échanges de produits industriels avec l'union européenne d'ici 2008, la Tunisie est invitée à renforcer son aptitude à s'adapter à cette nouvelle donne. Par ailleurs, plusieurs actions s'imposent;

 

La  compétitivité  interne:

 

Un marché interne dynamique est un facteur clé du développement du potentiel compétitif d'une économie et peut s'avérer, dans bien des cas, un instrument efficace à même d'amortir et d'absorber les effets induits par le retournement de la conjoncture économique.

 

La demande intérieure constitue le pilier du dynamisme du marché, la démarche requise donc consisterait à rechercher une complémentarité et une combinaison entre une politique de relance de la demande intérieure et une politique "agressive" des exportations de nature à permettre à l'économie de profiter pleinement des opportunités qu'offrent aussi bien le marché intérieur que le marché extérieur.

 

Le second volet de cette compétitivité est la maîtrise de l'inflation. D’abord pour des raisons sociales: il est évident que tous les partenaires aspirent à la stabilité sociale qui garantit à terme la pérennité de la poursuite de la croissance. Aussi, la maîtrise de l'inflation a des retombées économiques; elle améliore la compétitivité interne et assure la stabilité du taux de change.

 

Dans ce cadre, le rôle de l'Etat est nécessaire et ce, par le suivi d'une politique macro-économique axée sur la maîtrise du déficit budgétaire et le contrôle de la masse monétaire. Les performances enregistrées en Tunisie en matière de l'inflation méritent toutefois dans une logique de compétitivité d'être comparés à ceux obtenues par les pays partenaires.

 

Le différentiel d'inflation est négligeable par rapport à nos partenaires traditionnels (zone Euro), et ce, du fait du 1er critère de convergence de Maastricht qui plafonne l'inflation à un niveau ne dépassant pas 1,5 points la moyenne des trois pays où elle est la plus basse, mais, il est favorable par rapport à la Grèce et à l'Egypte.

Le  ciblage  sectoriel:

 Au diapason des évolutions technologiques à l'échelle mondiale, le tissu économique tunisien doit s'introduire dans les activités à hautes valeurs ajoutées et à forts potentiels de croissance et ce, à l'instar de la conception des logiciels informatiques et la télécommunication non seulement ces activités sont non vulnérables aux chocs mais également elles sont intensives en intelligence humaine dont la Tunisie est relativement dotée.

L'intensification  du  concours  des  étrangers  dans     l'investissement:

 

Cette mesure est un appui capital dans la promotion des industries cibles qui nécessitent des actions vigoureuses en matière d'investissement physique et humain, de recherche et de développement. Ces actions, si elles doivent surtout être sur l’initiative du secteur privé local, devraient aussi rechercher le concours et l’assistance du secteur privé étranger surtout sous forme de partenariat, pour ce qu'il offre en termes d'accès aux marchés internationaux et de savoir-faire.

 

La  rationalisation  de  la  répartition  géographique  du  commerce  extérieur:

 

La répartition géographique du commerce extérieur tunisien fait ressortir une forte concentration sur l'Europe, soit comme débouchés (83%) soit comme sources d'approvisionnement (79%). Cette structure, bien qu'elle n'ait pas généré des répercussions perverses, reste tout de même un facteur de risque. La décélération de l'activité dans l'union européenne couplée à un effet change défavorable à la Tunisie peut aggraver la vulnérabilité de la balance des paiements.

 

Il serait donc judicieux de prospecter d'autres partenaires afin d'atténuer le risque de retournement de la conjoncture en Europe. Par ailleurs, le CEPEX et le Conseil Supérieur d'Exportation sont tenus de jouer un rôle déterminant dans cet effort de diversification commerciale, bien que les résultats probants enregistrés par le fonds d'accès aux marchés extérieurs s'inscrivent déjà dans cette logique de diversification des débouchés.

 

Les  accords  de  coopération:

 

Etant donné que la prospérité et le développement des pays méditerranéens de la rive sud comme la Tunisie, rejaillirait incontestablement sur les zones de la rive nord de la Méditerranée. Les accords de partenariat Tuniso-union européenne doivent prévoir des mesures de soutien qui dépassent le cadre de l'aide classique pour s'inscrire dans un projet de co-développement afin de sauvegarder leurs intérêts mutuels. Les instruments novateurs à mettre en œuvre pour la concrétisation d'une telle coopération peuvent revêtir plusieurs formes à savoir;

 

- l'obtention de la Tunisie du statut avancé (pour permettre à la Tunisie d'accéder à un nouveau palier de partenariat au delà de l'appui financier)

 -         le lancement de grands projets conjoints pilotes dans des secteurs stratégiques comme la recherche et les technologies de pointes,

 -         la création d'un fond d'intervention pour soutenir les secteurs qui subissent des chocs conjoncturels,

 -         permettre l'accès préférentiel des exportations tunisiennes sur le marché européen.

 -     la recherche d'autres débouchés en dehors de l'espace européen

 

Les actions macro-économiques qu'on a développées permettent de stimuler la capacité de réponse effective de l'appareil productif face aux chocs conjoncturels, mais outre l'action sur l'économie réelle, des mesures d'appuis d'ordres financiers s'imposent.

 

Les actions spécifiques.

 

Avec l'interconnexion de la sphère réelle et de la sphère financière, toute action sur les variables financières est déterminante dans le comportement des variables réelles. Par ailleurs, il importe donc de prévoir des mesures d'ordres financières qui soutiennent l'effort de diversification sectorielle de l'économie.

 

Quatre actions sont à envisager dans ce sens: la flexibilité du taux de change, la crédibilité de la politique monétaire, le décloisonnement bancaire et la révision budgétaire.

 

La  flexibilité  du  taux  de  change:

 

La flexibilité du taux de change est un instrument qui permet l'ajustement de la balance des paiements face à un choc exogène. En effet, dès la survenance d'une perturbation externe, le taux de change réagit suite au changement des variables économiques telles que le niveau général des prix et le taux d'intérêt. La réaction se fait via le flottement du taux de change à la hausse ou à la baisse, et partant la balance des paiements connaît un certain ajustement essentiellement par la variation des prix relatifs.

Le  degré  de  crédibilité  de  la  politique  monétaire:

 

Si les propos théoriques insistent sur la crédibilité de la politique monétaire afin de pallier au problème d'incohérence temporelle et des interventions discrétionnaires de la banque centrale. Les banquiers centraux se démarquent, toutefois, des théoriciens en ce que leurs connaissances pratiques des marchés, les conduisent à admettre la possibilité de mauvaise interprétation de leurs décisions, ils tiennent par ailleurs, à préserver une flexibilité qui leur permette à réagir aux chocs exogènes sans aucune contrainte.

 

Le  décloisonnement  bancaire:

 

Un système bancaire diversifié est une condition majeure de rendre efficace l'action d'atténuation des chocs conjoncturels que de pallier à un éventuel risque systémique.

 

La  révision  budgétaire:

 

Lors de la survenance d'un choc conjoncturel imprévu, l'Etat doit réviser certaines dépenses et ne permettre que les dépenses incompressibles.

 

Degré  de  spécialisation  des  exportations

 

 

 

 

Pays

En %

Produits

 

d'exportation totale

 

Iran

98

Pétrole

Nigeria

97,3

-

Arabie saoudite

93

-

Algérie

96

-

Venezuela

82,6

-

Zambie

83,8

Cuire

Colombie

53,2

Café

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents