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Mots & maux

Invitation à la réflexion sur des questions profondes


Esquisse d'un programme socio-économique pour la nouvelle Tunisie

Publié par Eco-Tunisie sur 23 Août 2011, 16:14pm

Catégories : #Mes écrits

 

 

Pour télécharger cet article en version Pdf cliquer sur lien

 

La question fondamentale qui se pose aujourd’hui aux autorités d’un grand nombre de pays en développement surtout ceux assez endettés vis-à-vis de l’extérieur, est la suivante : comment assurer une croissance économique tout en rétablissant une balance des paiements viable et un accès normal aux sources de financement extérieur dans un environnement international empreint de nombreuses incertitudes.


Certains pays ont voulu différer pendant quelques temps le réaménagement nécessaire de leurs politiques économiques en empruntant à l’extérieur, en utilisant leurs réserves de change ou en imposant des restrictions administratives aux importations des biens et services. Cette stratégie de report à un coût élevé en termes de croissance et d’endettement surtout si les sources de financement seront taries.


La réduction du déséquilibre extérieur généralement sur recommandations des plans d’ajustement structurels, s’est alors opérée d’une manière brutale et automatique dans des conditions toujours dommageables pour l’économie, souvent difficiles à supporter sur le plan social (austérité budgétaire et corruption) et politique (perte de la souveraineté).


S’il est vrai qu’un pays ne peut pas se soustraire longtemps à la nécessité de réduire son déséquilibre extérieur, la manière avec laquelle il effectue cette réduction est cruciale du point de vue de la croissance économique et de la répartition des revenus. De ce fait, un rééquilibrage de la balance des paiements avec réduction du déséquilibre extérieure peut servir la croissance.


Il n’y a plus de « recettes type » de politique économique qui soit efficace pour tous les pays. Les pays sont trop différents sur le triple plan économique, politique et institutionnel pour qu’une approche unique et mécanique puisse réussir.

 

Pour la Tunisie, un recentrage de la politique économique s’impose. Deux orientations possibles :


Une politique structurelle qui influence indirectement le niveau de la production courante et le potentiel de production. Avec bien évidemment des mesures d’accompagnement (politique monétaire accommodante et une politique de change appropriée

          

-     - Loin des ambitions des partis politiques, ce papier constitue un effort personnel qui essaye de tracer les contours d’une politique économique à composante sociale qui va de pair avec les réalités et les défis auxquels fait face la Tunisie.


Pistes de réflexion pour un programme économique pour la Tunisie

 

Mesures urgentes:

 

1- Adopter un plan de relance économique keynisien en renforçant l'investissement public. Le déficit public sera financé en partie avec l'émission des bons de trésor (avec ouverture des souscriptions aux non-résidents qui jusque là sont astreint à une limite de 20%) et des fonds d'appui à la relance (contractés avec la BIRD, BAD, FADES, AFD à des taux bonifiés)


2- Baisser le taux directeur de la banque centrale à un niveau où son impact sur le TMM est significatif tout en maitrisant l’endettement des ménages (adopter certaines contingences) et surtout en acceptant quelques effets pervers (érosion monétaire (rémunération d’épargne négative en terme réel, répression financière et inflation)

 

2.  Mesures à moyen et long terme

 

S’orienter vers un modèle de croissance reposant sur l’afflux d’investissements étrangers

 

- L’économie tunisienne ne génère structurellement pas assez d’épargne pour financer l’investissement dans le développement de ses activités productives. Elle a besoin des flux de capitaux stables non générateurs de dette pour amorcer sa croissance. Les IDE sont nécessairement dépendants de facteurs extérieurs, mais surtout intérieurs (infrastrure, fiscalité de faveur, climat d’affaire sain , politique claire et transparente en matière de lutte anti-corruption, la  protection des investisseurs, garantie de transfét des capitaux, incitations fiscales, partenariat non contraingnant, main d’œuvre qualifiée).

 

- La nécessaire mobilisation d’investissements nationaux à la fois stables et volumineux supérieurs à leur niveau actuel, pour nourrir une croissance forte et durable qui permette de résorber le chômage. Ces investissements devraient profiter à l’ensemble du territoire en particulier les régions défavorisées selon leurs spécificités régionales.

 

La Tunisie pourrait profiter pleinement  de sa demande intérieure dynamique et de son tissu entrepreneurial composée des PME. De plus, si la stabilité politique du pays se renforce, la question du modèle économique prendra certainement, au cours des prochaines années, une importance de plus en plus significative pour l’investisseur potentiel.

 

- L'Etat doit offrir toutes les garanties possibles aux investiisseurs pour que le site tunisien soit le plus convoité par rapport à nos concurrents directs ô combien ils sont nombreux.

 

- La suppression de l'autorisation du conseil supérieur d'investissement ou du moins son assouplissement et ce, pour toutes participations étrangères dépassant les 50%

 

- La réorganisation du marché financier dans le sens d’augmenter sa capitalisation (indicateur de notoriété de marché er de confiance des investisseurs) et limiter les investissements en portefeuille surtout à caractère spéculatif. Car ces afflux induisent, à court terme, l’expansion du crédit et donc la consommation, ainsi que la chute des taux des BTA. Mais ils provoquent en même temps l’appréciation du dinar, pénalisant ainsi  la compétitivité de l’économie et aggravant le déficit commercial.

 

Une diversification de l’économie comme rempart face aux chocs exogènes

 

Au-delà de l’aspect strictement macroéconomique, le déséquilibre dans la composition du PIB fait apparaître une vulnérabilité manifeste surtout en présence de deux secteurs sensibles (tourisme et agriculture) de même la présence d'une industrie de transformation dépendante des composantes importées et la marginalisation des industries high-tech à forte valeur ajoutée. Sachant que la productivité globale des facteurs reste en deçà des normes.

 

- Revoir la stratégie industrielle dans le sens du renforcement d'un partenariat étranger qui permet le transfert du savoir faire moyennant la fourniture d'un package d'incitation

 

- La nécessaire diversification des cibles d’exportation (Amérique latine, moyen orient et l’Afrique)

 

- L’enracinement de la culture entrepreneuriale en améliorant le climat d’affaire et en facilitant les conditions de financement des jeunes promoteurs par l’adoption du principe de parrainage

 

- Instaurer un label économique (valorisation du made in Tunisia grâce à la prise en charge par l’Etat des frais occasionnés par la certification des produits) et entamer une compagne de communication promotionnelle à grande échelle sous le signe « Invest in eco-democracy »).

 

Financement

 

- Réfléchir sur la possibilité de créer des banques régionales

 

- la création de fonds budgétaires dédiés gérés par les autoritées régionales me parait appropriée surtout qu'elle suppose la décentralisation et responsabilise les autorités  locales qui connaissent mieux les spécificités de leurs régions.

 

Productivité

 

- Prévoir un programme d'interressement pour faire venir les expatriés tunisiens (l'expérience de l'Inde)

 

- L'université doit s'ériger en un véritable laboratoire de recherches

 

- revoir l’échelle de priorité de l’enseignement des langues vivantes (je vise l’anglais)

 

Efforts institutionnels

 

Les orientations économiques prises actuellement sont particulièrement riches d’implications sociales et politiques

 

- Une banque centrale autonome du pouvoir public et désengagement progressif de l'Etat des capitaux des banques

 

- Une indépendance de la banque centrale qui doit être consacrée par la constitution

 

- Regrouper les banques publiques en holding financier (car appartenant toutes à un même actionnaire i faut en minimiser les coûts. La fusion ne semble pas appropriée car elle créée une distorsion concurrentielle)

 

- Décloisonner les secteurs on et offshore

 

- La Tunisie devrait, à moyen terme, maintenir un contrôle sur les mouvements des capitaux et mettre en place un régime de change à bandes de fluctuation mobile en assurant un ancrage du taux de change à un panier de devises qui pourrait être élargie au yuan chinois et fixer un cooridor de fluctuations en concordance avec une politique monétaire accommodante. 

 

Instaurer l’équité fiscale 

 

- Prévoir une taxe sur les richesses d’ailleurs ça rejoint le concept islamique d’aumône, durcir la taxation en matière des droits d'enregistrement sur les opérations spéculatives (surtout les mobiliers)

 

- Exonérer les personnes à faible revenues et petites entreprises

 

- Une politique sociale visant la réduction de la pauvreté et une plus grande équité sociale (gratuité des soins médicaux, prise en charge des frais de scolarité pour les plus démunis)

 

Signé par: F. Amadeus

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Mehdi Khodjet El Khil 24/08/2011 16:04


A mon avis, la première chose à faire est de se débarrasser au plus vite de toutes les réserves de changes en dollars US, ainsi que des actifs libellés en dollars US. (bientôt le dollars US ne
vaudra plus rien, il n'aura plus court, ce sera une monnaie de singe et tous ceux qui en détiendront seront les perdant).

Ensuite, il est urgent de repositionner le financement de l’économie tunisienne autour de la dette intérieure, libellée en dinars tunisien et de favoriser l’épargne des ménages et des entreprise
pour maintenir un niveau de liquidité suffisant. le TND est largement capable de financer la plus part des infrastructures nécessaires au pays. Actuellement le japon à un ratio dette/PIB > à
200%. cela ne pose pas de problème de solvabilité pour ce pays car 90% du montant de la dette publique du japon a été contractée sur le marché intérieur et elle est libellé en yen. Le Japon est en
réalité endetté vis à vis de lui meme et ne doit rien aux étrangers. Ceci lui confère une autonomie et une indépendance économique et politique incontestable. Le principal avantage et que le yen
est reconnu comme une devise d’échange internationale, ce qui n'est pas le cas du TND et de la Tunisie qui est obligée d'acheter de la devise au travers de la dette exterieure.( de nos jour,
l'argent est une marchandise autant que l’être humain et le travailleur)

Les IDE doivent permettre de générer des exportations afin de d'engendrer un entrée de devise et surtout apporter un financement directe à l’état grâce sa participation minimum , meme minoritaire,
à tout investissement étranger effectué sur le territoire, quitte à diminué la compétitivité du pays, mais au moins en lui garantissant sa survie.

Enfin, à mon sens, la meilleure chose qui puisse arrivée à la Tunisie et à tous les pays en voie de développement et de s'unir pour une reforme globale de la finance mondial, du FMI et de la BM,
pour la création d'une nouvelle monnaie unique d’échange internationale non plus basé sur le dollars US (moribond) mais garantie par des tirages spéciaux d'un nouvel FMI démocratique et dirigé par
une assemblée constituante de l'ensemble des nations. Mais pour cela, une révolution planétaire est nécessaire et surtout dirigé contre l’hégémonie du dollar et de la politique US actuellement
pourvoyeur de dictature politique, social et économique.

Cette révolution deviendra inéluctable lorsque les pays occidentaux, US et RU en tête, seront contraint de déclarer leur faillite économique. ce qui ne serait plus tarder....


christophe laguene 24/08/2011 08:22


excellent article et surtout pensée particulière à nôtre chère Tunisie


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