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Mots & maux

Invitation à la réflexion sur des questions profondes


Ma conception du bonheur

Publié le 31 Octobre 2013, 07:51am

Catégories : #Mes écrits

Essai sur la contextualisation du bonheur comme une quête pour la satisfaction de l’égo dans le cadre d’une approche dialectique nourrit de la pensée de Frantz Kafka et d'Albert Camus....

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C’est toujours l’histoire de Sabri, un jeune lucide livré à son destin qui a pu redécouvrir le bonheur, au-delà de ce qu’il représente comme quête spirituelle toujours sans vain, un sentier illusoire, un cercle vicieux de moments éphémères de satisfaction de l’égo alimentés par des besoins, pour le moins, précaires à travers le triptyque matérialisme, réputation et apparence.

 

Le bonheur ne serait-il pas lui-même une fatalité qui dépend du jeu de hasard, lequel ne peut être atteint que par une prise de conscience des limites de notre conscience, laquelle ne cesse de nous faire croire qu’il s’agit bien de l’objectif ultime de l’Homme face à sa destinée.

 

L’ignorance serait-elle une confusion entre réalisme et symbolisme au point qu’on serait trompé par un mirage qui se nourrit de l’inconscience de l’Homme face à un monde insensé. «Le bonheur est pour les imbéciles » dexit l’écrivain et homme politique français André Malraux, en ce sens qu’il est utopique de croire qu’on peut atteindre un état de bonheur absolu alors qu’on se trouve dans un monde relatif.

 

Telles sont les nouvelles vérités qui nous guident dans cette nouvelle quête sans cesse du néant. Une quête d'un pseudo savoir, supposée façonner encore une fois notre pensée existentielle et notre conception de l’égo et de l’autre.

 

Comment arriver donc à extirper du monde son caractère absurde où l’Homme finirait de mourir d’ennui dans un monde nourrit de la logique cartésienne ?

 

L’absurde serait-il notre thérapie appelée, plus que jamais, à nous soulager de la souffrance issue des épreuves lassantes, des banalités du quotidien et qui nous redonnent espoir de cette quête épuisante des sentiers du bonheur.

 

Il est vrai, chacun de nous aspire au au bonheur mais on ignore les moyens d'y parvenir. Tel est, d'ailleurs le cas de la perception du travail du moment qu'aujourd’hui le travail est partout stigmatisé comme un « lieu de souffrance », de conflit et d'alinéation, alors que beaucoup voient en lui l’endroit privilégié de l’épanouissement de soi.

 

Le caractère subjectif induit par l'indétermination du concept du bonheur produit  ou peut être la conséquence d'une certaine illusion; une hallucination générée par un champ visuel qui dépasse les limites du possible, une representation tronquée de l’étendue de la conscience individuelle voire collective.

 

Elle est une traduction d’une forme d’inconscience onirique (liée au rêve), qui survient au cours d’un sommeil profond où le rêve n’est autre qu’une reproduction idéale du vécu à travers une succession d’images des fois sans liens coherents qui repositionne l’égo dans sa forme la plus idyllique.

 

Le bonheur est-il donc l'ultime quête de l’idéal humain? une aspiration universelle de l’égo pour pouvoir survivre plutôt que de vivre.

 

Le bonheur est-il confondu, par ignorance ou par inconscience au plaisir. si c'était le cas ce qui nous fait plaisir nous rend t-il forcément heureux. La réponse est négative, car celui qui trouve dans l’ivresse alcoolique un plaisir physique, peut en même temps souffrir moralement de son addiction à l’alcool.  

 

Peut-on vivre dans un monde absurde où le bonheur semble dépendre de la fatalité ou du hasard? Car comment qualifier, outre mesure, un monde où l’on continue à s’entretuer au nom de Dieu, un monde caractérisé par l’oppression, le désespoir, la terreur, la violence, l'immoralité, la pauvreté, la cupidité, l'indifférence, l'hypocrisie, l'ignorance, l'égoïsme, la lâcheté et où 5% de la population détient 90% de la richesse Mondiale.

 

L'existence serait-elle donc une fatalité à laquelle personne ne peut échapper. D’ailleurs, Albert Camus (Meursault et Sisyphe) et Frantz Kafka illustrent tout à fait cette absurdité à travers leurs personnages à la fois fantaisistes, non conformistes et anarchistes (Meursault, Sisyphe et Joseph K.).

 

Si l'on admet avec Camus que les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu’au sommet d’une montagne d’où la pierre retombait par son propre poids, on imagine mal qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir[1].

 

L'héros de Camus ne pousse pas seulement le rocher pour l’éternité, il est aussi apparemment un homme qui vit une existence heureuse : Il faut « imaginer Sisyphe heureux». Le bonheur implique donc selon Camus le choix d’être heureux. Pour ce faire, l’homme doit rester conscient de son malheur, causé par son incompréhension de l’existence et du caractère insensé du monde.

 

Au demeurant, Maurice Toesca dans sa préface au  Procès[2] considère que le roman de Kafka illustre la condition humaine. L'homme dés sa naissance est un accusé en puissance. La société est une prison et l'homme est un mauvais juge de l'homme qui condamne sans aucun espoir d'acquittement réel. L’Homme se heurte à un procès inéquitable sans objet et sans procédures. Les apparences de bonheur ne sont que des pièges grossiers où l'âme se perd.

 

[1] Camus, Le mythe de Sisyphe, p.163

[2] Frantz Kafka, « Le procès » adapté au cinéma par Orson Welles en 1962.

 

Un jour, on a demandé au Dalai Lama:
"Qu’est ce qui vous surprend le plus dans l’humanité ? "

Il a répondu :

"Les hommes… parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent, ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé …et à penser anxieusement au futur, ils oublient le présent de telle sorte qu’ils finissent par ne vivre ni le présent ni le futur … ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu."

Vous n'êtes pas sans savoir qu'aujourd'hui le Monde n'a paru si totalement unifié (par les communications, le commerce, la culture) et aussi sauvagement déchiré (par la guerre, la crise financière, le réchauffement de la planète, la diffusion de pandémies).


En dépit de nos efforts face aux défis d'une mondialisation accélérée, nous ne sommes pas à la hauteur: l'espèce humaine semble incapable de concentrer vraiment ses ressources mentales collectives pour ' penser globalement et agir localement '. Dans son livre le penseur critique, Jeremy Rifkin montre que cette déconnexion entre notre vision pour la planète et notre aptitude à la concrétiser s'explique par l'état actuel de la conscience humaine.

L'humanité, soutient Rifkin, se trouve à l'aube de sa plus grande expérience de tous les temps: remodeler la conscience collective pour que les humains puissent s'aider mutuellement pour survivre et à prospérer dans leur nouvelle société mondiale certainement facilitée par la nouvelle
civilisation de l'empathie, c'est cette capacité à se mettre à la place de l'autre, au point que sa douleur nous affecte, que son soi-disant bonheur nous réjouit. C'est l'empathie qui permet aux sociétés humaines de passer des liens du sang aux liens d'association. 

L'émergence de la conscience empathique sera probablement un changement d'avenir aussi gigantesque et profond que lorsque les philosophes des Lumières ont pu renverser la conscience fondée sur la foi par la raison sans occulter la foi.

Ma conception du bonheur
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Commenter cet article

Fety 12/11/2013 07:17

merci j'attends vos commentaires

ZIED JAIDI 31/10/2013 10:34

BRAVO FETHI

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